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Certificat d'empotage : signer sans voir le conteneur

il y a 3 jours
5 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 2 jours

Je rencontre encore des entreprises où le certificat d'empotage est signé au bureau, par une personne qui n'a jamais vu le conteneur. Le document arrive avec le dossier d'expédition, il est signé comme un bon de livraison, et le conteneur part. Pourtant, cette signature atteste neuf conditions qui, pour la plupart, ne se vérifient que sur le quai. Voici ce que vous engagez réellement en signant, et comment organiser la signature pour qu'elle protège l'entreprise au lieu de l'exposer.


1. Ce que vous attestez en signant le certificat d'empotage


Le Code IMDG est clair sur l'objet du document : il atteste une opération, pas un dossier.

« Lorsque des marchandises dangereuses sont chargées ou emballées dans un conteneur ou véhicule, les responsables de l'empotage du conteneur ou du véhicule doivent fournir un "certificat d'empotage du conteneur ou du véhicule" indiquant le ou les numéros d'identification du conteneur ou du véhicule et attestant que l'opération a été menée conformément aux conditions suivantes […] » — Code IMDG, amendement 42-24, 5.4.2.1

Reprenons les neuf conditions, avec ce qu'il faut avoir vu pour pouvoir les certifier :

  1. Conteneur propre, sec et en état de recevoir les marchandises : il faut avoir inspecté le conteneur vide.

  2. Séparation respectée entre les colis à séparer : il faut connaître ce qui a été chargé, et où.

  3. Colis examinés extérieurement, seuls des colis en bon état chargés : il faut avoir vu les colis.

  4. Fûts en position verticale, marchandises chargées et calées de manière appropriée : il faut avoir vu l'arrimage terminé.

  5. Marchandises en vrac uniformément réparties dans le conteneur ou le véhicule.

  6. Pour la classe 1 (hors division 1.4), conteneur structurellement propre à l'emploi au sens du 7.1.2.

  7. Conteneur et colis marqués, étiquetés et munis de plaques-étiquettes de manière appropriée : il faut avoir fait le tour du conteneur.

  8. Marquage extérieur prévu au 5.5.3.6 lorsque des matières présentant un risque d'asphyxie servent à la réfrigération ou au conditionnement (neige carbonique ONU 1845, azote liquide réfrigéré ONU 1977, argon liquide réfrigéré ONU 1951).

  9. Document de transport des marchandises dangereuses reçu pour chaque envoi chargé.

Seule la dernière condition peut se contrôler depuis un bureau. Les huit autres demandent d'avoir été présent, ou d'avoir des preuves solides de ce qui s'est passé pendant le chargement.


2. Qui doit signer : la personne qui a surveillé l'opération

Le Code ne laisse pas de doute sur l'identité du signataire. La formule-cadre de transport multimodal du chapitre 5.4 le précise au verso, à propos de la case réservée au certificat d'empotage :

« La signature apposée à la page précédente dans la case 20 doit être celle de la personne responsable de la surveillance de l'opération. » — Code IMDG, amendement 42-24, chapitre 5.4, formule-cadre

Le 5.4.2.2 ajoute que l'identité du signataire et la date doivent figurer sur le document. Les signatures électroniques ou les noms en majuscules transmis par échange de données informatisé sont admis (5.4.2.3), mais ils ne changent rien au fond : le nom qui figure sur le certificat doit être celui de la personne qui a surveillé l'empotage.


⚠️ Le piège : le certificat pré-rempli ou signé à l'avance « pour gagner du temps ». Il atteste une opération qui n'a pas encore eu lieu. Si l'empotage est sous-traité, c'est le responsable de l'empotage chez le prestataire qui signe, pas le chargeur depuis son bureau.


3. Ce que vous risquez réellement

Une non-conformité qui part avec votre signature. Les inspections 2025 des engins de transport compilées par le World Shipping Council relèvent 10,36 % d'unités non conformes sur 93 079 contrôlées. Le placardage et le marquage représentent à eux seuls 46,72 % des défauts relevés : exactement ce que la condition 7 vous fait certifier. Pour le détail, voir notre article sur les non-conformités relevées lors des inspections.

Une responsabilité qui ne se délègue pas au papier. En cas de fuite, d'incendie ou de chute de charge, le certificat d'empotage est l'une des premières pièces examinées. Une attestation signée sans vérification engage le signataire et son employeur, y compris sur le plan pénal. Les sanctions prévues sont détaillées dans notre article sur les sanctions en transport de marchandises dangereuses.


Une question de formation. Le signataire fait partie du personnel à terre visé par le chapitre 1.3 :

« Le personnel à terre ayant à s'occuper du transport de marchandises dangereuses par mer doit être formé de manière adaptée à ses responsabilités en matière de dispositions relatives à ces marchandises. » — Code IMDG, amendement 42-24, 1.3.1.1

Le même paragraphe précise qu'une personne non formée ne peut exercer ces fonctions que sous la surveillance directe d'une personne formée, et le 1.3.1.3 impose à l'employeur de tenir des relevés de formation. Lors d'une enquête, deux questions arrivent très vite : le signataire était-il formé, et était-il présent ?

Le certificat d'empotage n'est pas un visa administratif : c'est un témoignage. On ne témoigne pas de ce qu'on n'a pas vu.


4. Organiser la signature quand le signataire ne peut pas être sur le quai

Qui signe vos certificats d'empotage aujourd'hui, et a-t-il vu le conteneur ? Si la réponse est hésitante, voici une organisation simple qui tient en cas de contrôle :

  • Désigner par écrit les signataires habilités : des personnes formées, présentes sur le site d'empotage, et un suppléant pour chaque poste.

  • Signer sur place, à la fin de l'empotage, jamais avant la fermeture des portes.

  • Relier la signature à une check-list reprenant les neuf conditions du 5.4.2.1, cochée et signée par la même personne.

  • Constituer un rapport d'empotage photographique : conteneur vide (intérieur et plaque CSC), chaque rangée chargée, arrimage final, portes, placardage sur les quatre faces, numéro du conteneur et scellé.

  • Archiver le tout avec le dossier d'expédition, pour pouvoir le produire en cas de litige.

  • Créer une procédure d'exploitation intégrant bien tous les point de vérifications du code CTU et du code IMDG si appliable (notre service conseil peut vous accompagner sur ce point).


💡 Le conseil de l'expert : photographiez le numéro du conteneur et le scellé dans la même image, horodatée. Le certificat doit indiquer le numéro d'identification du conteneur (5.4.2.1) : c'est la photo qui prouve que le conteneur certifié est bien celui que vous avez inspecté. Pour la méthode d'inspection, voir notre guide de l'inspection des conteneurs avant l'empotage.


À retenir

  • Le certificat d'empotage atteste neuf conditions (Code IMDG 5.4.2.1), dont huit se vérifient sur le quai.

  • La signature doit être celle de la personne responsable de la surveillance de l'opération.

  • Le signataire doit être formé (chapitre 1.3) et son nom et la date doivent figurer sur le document (5.4.2.2).

  • Une check-list signée et un rapport photographique transforment la signature en preuve.


Pour approfondir chacune des neuf conditions, relisez notre article sur les responsabilités et engagements de l'empoteur.


Nos formations Référent empotage et Code CTU préparent précisément les personnes qui supervisent et signent les empotages de marchandises dangereuses, en complément de la formation au Code IMDG exigée par le chapitre 1.3.


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