Présentation synthétique de la liste des marchandises dangereuses du chapitre 3.2 du Code IMDG
- ylebreton5
- 7 déc. 2025
- 5 min de lecture
La liste des marchandises dangereuses du chapitre 3.2 du Code IMDG constitue en quelque sorte la base de données centrale du système. C’est ici que sont regroupées les informations essentielles permettant d’identifier une marchandise dangereuse et de déterminer les règles de transport qui lui sont applicables.Chaque entrée renvoie à d’autres sections du Code et aide à comprendre l’ensemble des exigences réglementaires.
Cette liste se présente sous la forme d’un tableau de 18 colonnes (dont 17 réellement informatives, la dernière étant la répétition de la colonne 1).

Colonne 1 – Numéro ONU

Il s’agit du numéro d’identification à 4 chiffres attribué par l’Organisation des Nations Unies (UN).
Plus de 3 500 numéros ONU existent aujourd’hui, chacun correspondant à une matière.
Colonne 2 – Désignation Officielle de Transport (DOT)
La désignation officielle de transport, toujours écrite en majuscules, constitue le nom réglementaire associé à un numéro ONU. Elle peut être suivie d’un descriptif facultatif en lettres minuscules.
On distingue trois types de DOT :
Nominatives : le nom décrit clairement la matière (ex. : TOLUÈNE).
Génériques : le nom indique davantage l’usage que la nature dangereuse (ex. : PEINTURE, PRODUITS POUR PARFUMERIE).
Non spécifiées ailleurs (N.S.A.) : utilisées pour les mélanges ou déchets, elles exigent souvent d’ajouter un nom technique ou chimique via une disposition spéciale.
Colonne 3 – Classe ou division (danger principal)
Référence : IMDG 2.0

Cette colonne indique la classe de danger principal, c’est-à-dire le danger prédominant présenté par le produit. La classe est attribuée selon les critères définis dans la Partie 2 du Code IMDG.
Si le produit possède plusieurs dangers, seul le danger principal sera mentionné ici, tandis que les dangers secondaires figureront dans la colonne suivante.
Cette colonne peut également inclure la lettre P, indiquant que la matière est classée polluant marin.
Colonne 4 – Classe(s) de danger subsidiaires
Réf. : IMDG 2.0
Elle précise jusqu’à deux dangers secondaires maximum.Ces dangers subsidiaires complètent l’évaluation du risque global de la marchandise.
Exemple :Un produit peut être :
6.1 (toxique) en danger principal
3 (inflammable liquide) et 8 (corrosif) en dangers subsidiaires.
Le cumul des dangers influence l’emballage, l’arrimage, la séparation et les mesures de sécurité.
Colonne 5 – Groupe d’emballage (GE)
Réf. : IMDG 2.0

Le groupe d’emballage, indiqué en chiffre romain (I, II ou III), correspond au niveau de dangerosité (le groupe d'emballage I étant attribué à un niveau de danger supérieur au groupe d'emballage 2 et ainis de suite).
Ce classement détermine :
le type d’emballages autorisés,
leur résistance minimale,
la contenance ou masse nette admissible
Exemple concret (liquides inflammables) :
GE III : point d’éclair ≥ 23°C
GE II : point d’éclair < 23°C
Un liquide s’enflammant à température ambiante est naturellement plus dangereux et nécessite des emballages plus résistants et des limitations plus strictes.
Colonne 6 – Dispositions spéciales (DS)
Réf. : IMDG 3.3

Les dispositions spéciales apportent des règles complémentaires, qui individualisent la matière.
Elles peuvent :
ajouter des exigences,
supprimer ou alléger certaines obligations (dérogations),
ou même exempter totalement la matière du Code IMDG (sous conditions strictes).
Avec l’introduction de la disposition A42-24, un certificat d’exemption doit désormais accompagner la marchandise lorsque celle-ci est transportée hors IMDG conformément à une DS.
Les DS peuvent concerner :
le transport maritime,
le transport terrestre,
ou des spécificités multimodales.
📌 Important :Si un transport terrestre est réalisé en vue d’un transport maritime, le Code IMDG sera appliqué de bout en bout (ADR 1.1.4.2).
👉 Conseil pratique : Lorsqu’un produit vous est inconnu, commencez toujours par lire les dispositions spéciales. Elles contiennent souvent les informations les plus déterminantes.
Colonne 7a – Quantité limitée
Réf. : IMDG 3.4

Système dérogatoire permettant de transporter certaines marchandises en petites quantités avec :
un volume/masse nette limitée par emballage intérieur,
une masse brute maximale par colis.
Avantage majeur :➡️ réduction significative des contraintes (emballages non homologués, séparation et marquages simplifiés…), donc optimisation des coûts logistiques.
Colonne 7b – Quantité exceptée (QE)
Réf. : IMDG 3.5
Ce régime est principalement utilisé dans le transport aérien. En maritime, son application reste marginale car les transferts mer/air sont relativement rares.
Colonnes 8 à 11 – Utilisation des emballages
Réf. : IMDG 4.1

Ces colonnes fournissent les instructions d’emballage (caisses, fûts, sacs, GRV…) applicables à la DOT et au groupe d’emballage.
Elles précisent :
les types d’emballages autorisés,
les méthodes d’emballage,
les limitations éventuelles.
La mention 4.1.1.3 indique que l’usage d’un emballage homologué est obligatoire.
Colonnes 12 à 14 – Utilisation des citernes mobiles et conteneurs pour vrac
Réf. : IMDG 4.2

Ces colonnes indiquent :
si une matière peut être transportée en citerne (entre autres),
le type de citerne autorisé,
les conditions spécifiques associées.
Ce point est crucial pour les produits liquides, les gaz et certaines matières solides.
Colonne 15 – Fiches de sécurité (FS)

À ne pas confondre avec la FDS (Fiche de Données de Sécurité).
Les FS renvoient aux fiches d’intervention d’urgence du Guide FS, présent dans le supplément du Code IMDG. Elles sont destinées à guider les équipages en cas :
d’incendie,
de déversement,
Colonne 16a – Arrimage et manutention
Réf. : IMDG 7.1

Cette colonne contient les règles essentielles pour les armateurs, les terminaux portuaires, les manutentionnaires et même les commissionnaires de transport pour vérifier la faisabilité d’un envoi.
Exemple :La catégorie d’arrimage D autorise seulement un chargement en pontée sur navire de charge.➡️ Transport interdit sur un navire à passagers (au-delà d’une jauge définie).
Les codes d’arrimage comme SW1 ("à l’abri des sources de chaleur") précisent les conditions à respecter pour des cargaisons sensibles à l’auto-échauffement, comme les classe 4.2.
Colonne 16b – Séparation
Réf. : IMDG 7.2

Cette colonne détaille les règles de séparation des matières incompatibles, afin d’éviter que deux produits en interaction puissent créer un danger supplémentaire en cas de fuite ou d'accident.
Elle repose sur deux logiques :
La séparation entre classes de danger incompatibles
La séparation entre groupes de séparation (SGG), regroupés par familles chimiques
Exemple :Les acides (SGG1) doivent être séparés des alcalis (SGG18).
Cette partie est reconnue comme l’une des plus complexes du Code IMDG, d’autant qu’elle n’existe pas dans l’ADR, ce qui peut surprendre les opérateurs habitués au transport terrestre.
Colonne 17 – Propriétés et observations

Cette colonne fournit des informations complémentaires très utiles, souvent sous forme de résumé pratique. Elle éclaire les comportements particuliers de la matière, les risques spécifiques et les recommandations d’intervention.
Ces indications relèvent de la “recommandation prescriptive” :➡️ elles doivent être suivies, sauf à démontrer que l’on maintient un niveau de sécurité équivalent.
En cas d’incident, cette colonne permet une compréhension rapide et opérationnelle des risques.



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