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Présentation synthétique de la liste des marchandises dangereuses du chapitre 3.2 du Code IMDG

7 déc. 2025
7 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 2 jours

La liste des marchandises dangereuses du chapitre 3.2 du Code IMDG constitue en quelque sorte la base de données centrale du système. C'est ici que sont regroupées les informations essentielles permettant d'identifier une marchandise dangereuse et de déterminer les règles de transport qui lui sont applicables. Chaque entrée renvoie à d'autres chapitres du Code et aide à comprendre l'ensemble des exigences réglementaires.

Cette liste se présente sous la forme d'un tableau de 18 colonnes (dont 17 réellement informatives, la dernière étant la répétition de la colonne 1). Voici comment lire chacune d'elles.

Liste des marchandises dangereuses du chapitre 3.2 du Code IMDG

Colonne 1 – Numéro ONU

Liste IMDG, colonne 1 : numéro ONU

Il s'agit du numéro d'identification à 4 chiffres attribué par l'Organisation des Nations Unies (UN en anglais), chacun correspondant à une matière, un objet ou un groupe de matières.

La numérotation dépasse aujourd'hui 3 500 : l'amendement 42-24 cite par exemple les UN 3551 et UN 3552 pour les piles et batteries au sodium ionique (5.2.1.10.2).

Colonne 2 – Désignation officielle de transport (DOT)

La désignation officielle de transport, toujours écrite en majuscules, constitue le nom réglementaire associé à un numéro ONU. Elle peut être suivie d'un descriptif facultatif en lettres minuscules.

On distingue trois types de DOT :

  • Nominatives : le nom décrit clairement la matière (ex. : TOLUÈNE).

  • Génériques : le nom indique davantage l'usage que la nature dangereuse (ex. : PEINTURE, PRODUITS POUR PARFUMERIE).

  • Non spécifiées ailleurs (N.S.A.) : utilisées notamment pour les mélanges ou les déchets. Lorsque la disposition spéciale 274 ou 318 figure en colonne 6, la désignation doit être complétée par le nom technique ou le nom du groupe chimique (5.4.1.4.3.1).

Colonne 3 – Classe ou division (danger principal)

Référence : IMDG 2.0

Liste IMDG, colonne 3 : classe ou division

Cette colonne indique la classe de danger principal, c'est-à-dire le danger prédominant présenté par le produit. La classe est attribuée selon les critères définis dans la partie 2 du Code IMDG.

C'est elle qui détermine l'étiquette de danger principal apposée sur le colis (5.2.2.1.2). Si le produit présente plusieurs dangers, seul le danger principal est mentionné ici ; les dangers subsidiaires figurent dans la colonne suivante.

Colonne 4 – Danger(s) subsidiaire(s)

Réf. : IMDG 2.0

Elle précise le ou les dangers subsidiaires, qui complètent l'évaluation du risque global de la marchandise. Chaque danger indiqué ici par un numéro de classe ou de division impose une étiquette de danger subsidiaire sur le colis (5.2.2.1.2).

Exemple : un produit peut être :

  • 6.1 (toxique) en danger principal ;

  • 3 (liquide inflammable) et 8 (corrosif) en dangers subsidiaires.

Le cumul des dangers influence l'emballage, l'arrimage, la séparation et les mesures de sécurité.

C'est aussi dans cette colonne que figure la lettre P, qui identifie un polluant marin.

Colonne 5 – Groupe d'emballage (GE)

Réf. : IMDG 2.0

Liste IMDG, colonne 5 : groupe d'emballage

Le groupe d'emballage, indiqué en chiffre romain (I, II ou III), correspond au niveau de dangerosité : le groupe d'emballage I est attribué aux matières les plus dangereuses, puis viennent le II et le III.

Ce classement détermine :

  • le type d'emballages autorisés ;

  • leur résistance minimale ;

  • la contenance ou la masse nette admissible.

Exemple concret (liquides inflammables) :

  • GE III : point d'éclair ≥ 23 °C ;

  • GE II : point d'éclair < 23 °C.

Un liquide qui s'enflamme à température ambiante est naturellement plus dangereux : il exige des emballages plus résistants et des limitations plus strictes.

Colonne 6 – Dispositions spéciales (DS)

Réf. : IMDG 3.3

Liste IMDG, colonne 6 : dispositions spéciales

Les dispositions spéciales apportent des règles complémentaires, qui individualisent la matière. Elles peuvent :

  • ajouter des exigences ;

  • supprimer ou alléger certaines obligations (dérogations) ;

  • ou même exempter totalement la matière du Code IMDG, sous conditions strictes.

Depuis l'amendement 42-24, le Code prévoit qu'un certificat d'exemption accompagne la marchandise : « Un certificat exemptant une substance, une matière ou un objet des dispositions du présent Code, auquel renvoie une disposition spéciale affectée à une rubrique individuelle établie pour la substance, la matière ou l'objet dans la Liste des marchandises dangereuses, doit accompagner les renseignements sur la cargaison prescrits par la règle VI/2 de la Convention SOLAS » (5.4.4.2). Pour la mise en pratique, voir notre article sur le certificat d'exemption.

Les DS peuvent concerner :

  • tous les modes de transport ;

  • le seul transport maritime ;

  • ou des spécificités multimodales.

⚠️ Le piège : le pré-acheminement routier vers le port. L'ADR (1.1.4.2) admet, sous conditions, des colis et des engins de transport emballés, marqués, étiquetés et placardés selon le Code IMDG lorsque le transport comporte un parcours maritime. Les autres prescriptions de l'ADR (conducteur, équipement du véhicule…) restent applicables sur la route.

💡 Le conseil de l'expert : lorsqu'un produit vous est inconnu, commencez toujours par lire les dispositions spéciales. Elles contiennent souvent les informations les plus déterminantes.

Colonne 7a – Quantités limitées

Réf. : IMDG 3.4

Étiquette quantité limitée
Étiquette quantité limitée

Système dérogatoire permettant de transporter certaines marchandises en petites quantités avec :

  • un volume ou une masse nette limitée par emballage intérieur ;

  • une masse brute maximale par colis.

Avantage majeur : réduction significative des contraintes (emballages non homologués, séparation et marquages simplifiés…), donc optimisation des coûts logistiques. Le document de transport doit alors porter la mention « en quantité limitée » (5.4.1.5.2.1). Tout le détail est dans notre guide des quantités limitées.

Colonne 7b – Quantités exceptées

Réf. : IMDG 3.5

Ce régime est surtout utilisé dans le transport aérien. En maritime, son application reste marginale car les transferts mer/air sont relativement rares. Lorsqu'il est utilisé, le document de transport porte la mention « marchandises dangereuses en quantités exceptées » (5.4.1.5.14.1).

Colonnes 8 à 11 – Utilisation des emballages

Réf. : IMDG 4.1

Liste IMDG, colonnes 8 à 11 : emballages

Ces colonnes fournissent les instructions d'emballage (caisses, fûts, sacs, GRV…) applicables à la DOT et au groupe d'emballage. La colonne 8 indique la ou les instructions d'emballage à utiliser, la colonne 9 les dispositions spéciales d'emballage (4.1.3.2).

Elles précisent :

  • les types d'emballages autorisés ;

  • les méthodes d'emballage ;

  • les limitations éventuelles.

Rappel du principe posé au 4.1.1.3 : sauf disposition contraire du Code, chaque emballage, à l'exception des emballages intérieurs, doit être conforme à un modèle type ayant satisfait aux épreuves. C'est ce qu'on appelle couramment un emballage homologué.

Colonnes 12 à 14 – Utilisation des citernes mobiles et conteneurs pour vrac

Réf. : IMDG 4.2

Liste IMDG, colonnes 12 à 14 : citernes mobiles et conteneurs pour vrac

Ces colonnes indiquent :

  • si une matière peut être transportée en citerne mobile ou en conteneur pour vrac ;

  • le type de citerne autorisé : la colonne 13 donne l'instruction de transport en citerne mobile, décrite au 4.2.5 ;

  • les conditions spécifiques associées : la colonne 14 donne les dispositions spéciales applicables aux citernes (codes TP).

Ce point est essentiel pour les produits liquides, les gaz et certaines matières solides.

Colonne 15 – Fiches de sécurité (FS)

Liste IMDG, colonne 15 : fiches de sécurité FS

À ne pas confondre avec la FDS (fiche de données de sécurité).

Les FS renvoient aux consignes d'intervention d'urgence du Guide FS (« Consignes d'intervention d'urgence révisées pour les navires transportant des marchandises dangereuses »), publié en supplément du Code IMDG. Elles sont destinées à guider les équipages en cas :

  • d'incendie ;

  • de déversement.

Le chapitre 1.1 donne à cette colonne valeur de recommandation (1.1.1.5).

Colonne 16a – Arrimage et manutention

Réf. : IMDG 7.1

Liste IMDG, colonne 16a : arrimage et manutention

Cette colonne contient des règles essentielles pour les armateurs, les terminaux portuaires et les manutentionnaires, mais aussi pour les commissionnaires de transport qui doivent vérifier la faisabilité d'un envoi avant de le coter.

Exemple : la catégorie d'arrimage D n'autorise qu'un chargement en pontée, sur un navire de charge ou sur un navire à passagers dont le nombre de passagers est limité (seuils fixés au chapitre 7.1). Sur les autres navires à passagers, le transport est interdit. Si vous aviez prévu un ferry, c'est donc impossible.

Les codes d'arrimage comme SW1 (« à l'abri des sources de chaleur ») précisent les conditions à respecter pour des cargaisons sensibles à l'auto-échauffement, comme certaines matières de la classe 4.2.

Colonne 16b – Séparation

Réf. : IMDG 7.2

Liste IMDG, colonne 16b : séparation

Cette colonne détaille les règles de séparation des matières incompatibles, afin d'éviter que deux produits en interaction puissent créer un danger supplémentaire en cas de fuite ou d'accident.

Elle repose sur deux logiques :

  1. La séparation entre classes de danger incompatibles (tableau de séparation du 7.2.4).

  2. La séparation entre groupes de séparation des matières (SGG), regroupés par familles chimiques (7.2.5.2).

Exemple : les acides (SGG1) doivent être séparés des alcalis (SGG18) lorsque la colonne 16b le prévoit (codes SG35 et SG36).

En cas de conflit, les dispositions de la colonne 16b priment toujours sur les dispositions générales relatives aux classes (7.2.3.1). Cette partie est reconnue comme l'une des plus complexes du Code IMDG, d'autant que cette logique de groupes de séparation n'a pas d'équivalent dans l'ADR, ce qui surprend souvent les opérateurs habitués au transport terrestre. Pour aller plus loin : la séparation des marchandises dangereuses dans le Code IMDG.

Colonne 17 – Propriétés et observations

Liste IMDG, colonne 17 : propriétés et observations

Cette colonne fournit des informations complémentaires très utiles, souvent sous forme de résumé pratique : comportements particuliers de la matière, risques spécifiques, réactions dangereuses.

Le chapitre 1.1 lui donne, comme à la colonne 15, valeur de recommandation (1.1.1.5). Recommandation ne veut pas dire facultatif : à mon sens, on la suit, ou l'on doit pouvoir démontrer que l'on maintient un niveau de sécurité équivalent.

En cas d'incident, cette colonne permet une compréhension rapide et opérationnelle des risques.

À retenir

  • La liste du chapitre 3.2 est le point d'entrée de toute expédition : numéro ONU, DOT, classes, groupe d'emballage, puis renvois vers les autres parties du Code.

  • La lettre P de la colonne 4 signale un polluant marin.

  • Les dispositions spéciales de la colonne 6 se lisent en premier ; certaines exemptent la marchandise, avec certificat d'exemption depuis l'amendement 42-24 (5.4.4.2).

  • La colonne 16b prime sur le tableau général de séparation.

  • Les colonnes 15 et 17 ont valeur de recommandation, ce qui ne les rend pas facultatives.

Pour la suite logique, voir notre article sur le document de transport de marchandises dangereuses. La lecture de la liste se travaille sur des cas réels dans nos formations au Code IMDG.

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