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Film étirable opaque et marchandises dangereuses : la fausse bonne idée de la logistique maritime

Colis de marchandises dangereuses endommagées sous un film étirable opaque
Colis de marchandises dangereuses endommagées sous un film étirable opaque

Dans le transport maritime, l’utilisation de films étirables opaques (noirs ou blancs) est une pratique courante. Le but recherché est légitime : camoufler la marchandise pour garantir sa confidentialité et ne pas tenter les voleurs.

Pourtant, lorsqu'il s'agit de marchandises dangereuses (MD), cette habitude se transforme régulièrement en piège réglementaire et opérationnel. En mer et sur les terminaux portuaires, la visibilité est le premier rempart de la sécurité.


1. La dissimulation des dommages


La première difficulté majeure réside dans l'incapacité visuelle à repérer un dommage lors de la réception des marchandises ou avant leur entrée dans le conteneur. Sans retrait du film opaque, l'empoteur avance à l'aveugle.


·       Le risque juridique : En acceptant une palette sous film opaque sans réserve écrite détaillée, si une fuite est découverte après coup, les recours contre le transporteur deviennent presque impossibles.


·       Le rappel de l'IMDG (5.4.2) : En signant le certificat d'empotage, l'empoteur prend une responsabilité juridique lourde. Il s'engage formellement à ce que seuls des colis intacts aient été chargés après un examen visuel minutieux.


2. Le cauchemar des marchandises dangereuses "anonymes"


Un problème fréquemment remonté lors de nos formations est la réception de palettes "anonymes", ne laissant apparaître aucun marquage ni étiquetage de danger. Qu'il s'agisse d'un défaut total de déclaration ou d'une mauvaise signalisation, le danger caché reste entier.

Marchandises dangereuses dissimulées sous du film étirable opaque
Marchandises dangereuses dissimulées sous du film étirable opaque

Le risque majeur : La violation des règles de ségrégation


Exemple concret : Une palette contenant des matières toxiques (Classe 6.1) est stockée par erreur juste à côté de denrées alimentaires, ou un produit inflammable (Classe 3) se retrouve à proximité d'un comburant (Classe 5.1).


Les conséquences : En cas de fuite à bord d'un navire porte-conteneurs ou dans la zone d'attente d'un port, l'erreur de stockage peut s'avérer criminelle. Les amendes administratives et douanières sont colossales, sans parler des risques dramatiques pour l'équipage et les équipes de secours.



3. Ce que stipule strictement le Code IMDG sur les suremballages



Une palette filmée est, selon la réglementation internationale, un suremballage. Le Code IMDG encadre très strictement cette pratique.


·       Définition (IMDG 1.2) : Une enveloppe utilisée par un même expéditeur pour envelopper un ou plusieurs colis sous la forme d’une unité plus facile à manutentionner (palette assujettie par un film étirable ou rétractable).


·       Obligation de marquage (IMDG 5.1.2.1) : Si le film utilisé est opaque et que les colis intérieurs ne sont pas directement visibles, le suremballage doit obligatoirement porter à l'extérieur :

Élément requis

Spécifications réglementaires

Désignation & Code ONU

La désignation officielle de transport et le numéro UN de chaque marchandise dangereuse présente.

Étiquettes de danger

Les marques et étiquettes de danger réglementaires (Chapitre 5.2).

Mention "SUREMBALLAGE"

Le mot « SUREMBALLAGE » (ou OVERPACK) écrit en lettres d'au moins 12 mm de hauteur.

En résumé : La Check-list "Avant Chargement" (IMDG & Code CTU)


Pour sécuriser vos expéditions, assurez-vous que vos opérateurs puissent valider ces trois points fondamentaux avant d'empoter :

1.     [Code CTU Ch. 3.3] Les emballages sont inspectés, intacts et sans aucun dommage apparent.

2.     [Code CTU Ch. 3.4.1] Tous les colis sont correctement étiquetés, marqués (marques de danger et symboles de manutention de type "Haut/Bas") en conformité avec l'IMDG.

3.     [IMDG 5.1.2.1] Si le film cache les colis, l'intégralité du marquage et la mention "SUREMBALLAGE" (12 mm) sont reportées de manière visible à l'extérieur.


Notre conseil d’expert : Optez pour la transparence !


Pour concilier au mieux efficacité logistique et conformité réglementaire, demandez systématiquement du film transparent à vos fournisseurs pour toutes les expéditions de marchandises dangereuses.


En cas d'inspection douanière, de contrôle de sécurité portuaire ou d'expertise, les autorités vont systématiquement découper et retirer le film opaque pour inspecter les colis. Le coût du retard, de la rupture de charge et du re-filmage de la palette sera alors à la charge du chargeur.


Une alternative anti-vol ? Si la confidentialité est absolue, utilisez un film transparent mais recouvrez le dessus de la palette d'une coiffe opaque, ou scellez vos palettes transparentes avec des bandes de garantie adhésives de sécurité (preuve de non ouverture). Vous préserverez ainsi la sûreté de vos biens, sans jamais aveugler la sécurité des acteurs de la chaîne maritime

 
 
 

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